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Encéphalopathie traumatique chronique chez les joueurs de NFL : ce que montre la plus grande étude de cohorte à ce jour
21 September 2026

En bref: Une étude de cohorte publiée dans le BMJ retrouve une encéphalopathie traumatique chronique (ETC) chez 93,2 % des 338 anciens joueurs de NFL ayant fait don de leur cerveau à la recherche entre 2008 et 2021. Le stade le plus sévère de la maladie est associé à un risque de démence multiplié par 1,44. Nous revenons ici sur ces résultats et sur les perspectives ouvertes sur la question du suivi des sportifs exposés aux impacts crâniens répétés.
Que montre cette étude ?
Publiée cette année dans le BMJ, cette étude de cohorte rétrospective a été conduite par l’équipe de Daniel Daneshvar (Boston University, Mount Sinai, UCSF) à partir des cerveaux de 338 anciens joueurs de NFL décédés entre 2008 et 2021 et ayant fait don de leur cerveau à la recherche, sur un total de 1712 joueurs décédés durant cette période. Une ETC a été diagnostiquée chez 315 d’entre eux, soit 93,2 % des donateurs, avec un stade IV (le plus sévère de la classification) chez 104 d’entre eux (30,8 %). Sur la période la plus récente de l’étude (2016-2021), les auteurs estiment qu’au moins un quart de l’ensemble des joueurs de NFL décédés présentaient une ETC.
Une démence avait par ailleurs été diagnostiquée du vivant de 202 donateurs (59,8 %), à un âge moyen de 63,4 ans. Le stade IV de la maladie était associé à un risque de démence nettement plus élevé que les autres stades (risque relatif 1,44 ; IC 95% 1,16-1,78 ; p < 0,001) : 90 % des donateurs à ce stade avaient reçu un diagnostic de démence, contre 22 à 56 % aux stades I à III.
Comment l’ETC est-elle diagnostiquée aujourd’hui ?
Le diagnostic d’ETC repose exclusivement, à ce jour, sur l’examen neuropathologique du cerveau après le décès : aucun test biologique ni aucune technique d’imagerie n’a été validé pour la détecter ou la confirmer du vivant du patient. Un sportif exposé pendant des années à des impacts crâniens répétés ne peut donc pas recevoir un diagnostic de certitude d’ETC. Seules les conséquences fonctionnelles de ces impacts peuvent être observées et suivies pendant qu’il est encore temps d’agir.
Quelles limites faut-il garder en tête ?
Comme souvent avec ce type de cohorte, un biais de sélection important doit être signalé, et les auteurs eux-mêmes l’assument : les familles ayant accepté le don du cerveau d’un proche l’ont fréquemment fait parce que des troubles cognitifs ou comportementaux avaient déjà été observés de son vivant, ce qui tend à surestimer la prévalence réelle de l’ETC dans l’ensemble de la population des joueurs. Ajoutons que cette étude concerne le football américain professionnel, un sport dont l’exposition aux impacts diffère en fréquence et en intensité d’autres disciplines de contact ; la transposition directe aux autres disciplines appelle donc à la prudence.
Quel lien avec le suivi des sportifs exposés à des impacts crâniens répétés ?
Cette étude rappelle pourquoi le suivi fonctionnel objectif et répété garde tout son intérêt dans les disciplines exposées aux commotions et aux micro-impacts crâniens répétés. Tant que le diagnostic de la pathologie sous-jacente reste réservé à l’autopsie, la seule donnée réellement mesurable in vivo demeure l’évolution de la fonctionnalité cérébrale : motricité fine, capacités visuelles, cognitives… Une des hypothèses qui reste à vérifier est de savoir si la détection d’anomalies invisibles peut être associée au risque de développer des complications irréversibles sur le moyen et long terme.
C’est dans cette direction que nous travaillons avec Neuraccure auprès des structures sportives, en proposant une évaluation rapide et reproductible de ces paramètres, à répéter dans le temps pour objectiver une évolution que l’examen clinique seul ne permet pas toujours de capter. Neuraccure demeure une aide à la décision : l’application ne pose pas de diagnostic de manière autonome, et à ce jour aucune preuve scientifique ne permet d’affirmer qu’elle permet d’identifier l’ETC ou une autre maladie neurodégénérative au stade pré clinique.
Pour prolonger cette réflexion sur le suivi des sportifs exposés aux commotions et aux impacts crâniens répétés, nous vous invitons à consulter la page Neuraccure Sport et à nous contacter pour obtenir des renseignements supplémentaires
Référence : Daneshvar DH, Nowinski CJ, Abdolmohammadi B, Luster CB, et al. Prevalence of chronic traumatic encephalopathy at death in National Football League players: retrospective population based cohort study, 2008-21. BMJ2026;394:e100418. DOI : 10.1136/bmj-2026-100418.